Cercle Psychanalytique de Paris

 

LITURATERRE

La lecture psychanalytique est étrange, baroque, voire amusante, en tout cas toujours plus jouissive, de la vie à la mort. Lacan l’appelle la « lituraterre ». Prenons par exemple le mot grec xaos,littéralement « faille, béance », du verbe χαίνω, khaínô, « béer, être grand ouvert »). Il désigne une profondeur béante ou l’abîme sans fond.On l’écrit « chaos » en français.   Comme les premiers mythologues étaient chrétiens, par apriori, ils assimilèrent erronément chaos au tohubohu de la Bible qui signifie désordre et confusion, alors que l’ouvert (kaos) est tout le contraire. Ce contresens perdure encore de nos jours dans nos sociétés monothéistes. La lituraterre va nous sortir, entre autres, de cette bévue. Chaos en français est composé de la syllabe « cha » qui phonétiquement (c’est-à-dire en langage inconscient) correspond en français à « chat » et de la syllabe « os » qui évoque le latin « os oris » qui signifie « bouche » et « organe de la parole ». Depuis le maitre zen chinois Nansen (8ème siècle), on sait qu’un chat n’est pas un chat. C’est même ce que le langage populaire français appelle le « sexe de la femme ». Si d’aventure quelqu’un avait dit ça à l’époque de Nansen, le chat n’aurait pas été coupé en deux. Chaos est donc en lituraterre « le sexe qui parle ». Faute de cette interprétation la Théogonie d’Hésiode entraînerait à toutes sortes de contresens. C’est Chaos qui raconte la mythologie, qui plus est ce qui raconte la vie puisque nous venons tous, du sexe, cette béance originelles , source des plus intenses  jouissances et orgasmes et que nous y retournons.

Texte écrit par M. Guy MASSAT


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