Cercle Psychanalytique de Paris

 

Le troisième cerveau : le cerveau anti-douleur

Par Guy MASSAT :

 Noeud Cerveau antidouleur

Pour en finir avec la douleur et autres problèmes

Sans ostéo, sans médicaments, sans chirurgie

Seulement en parlant de jouissance et d’orgasme

Technique ultrasimple et à la portée de quiconque

Il suffit d’oser

(Voir les cas  de Pierre Sonnet et suivant…)

 

Thanatos et Hypnos

Quand la douleur physique nous enferme dans sa prison pour y subir des tortures à répétition, quand on comprend que rien n’a pu, ne peut ni ne pourra nous soulager de ces torsions brulantes, intimes et continues. Quand la souffrance morale, l’insatisfaction mentale, l’impuissance, les ennuis, les naufrages, les échecs, les regrets, les remords, les ratages, la perte définitive de tout ce qu’on espérait, nous écrasent, nous sidèrent et nous enferment, hébétés, dans l’horrible labyrinthe d’un infernal désespoir, invisible pour autrui, incompréhensible pour les autres, on ne peut plus qu’évoquer les deux célèbres entités de la mythologie, Thanatos et Hypnos, ces frères jumeaux enfantés par une nuit, horrible et solitaire, ainsi que nous le rapporte Hésiode.

C’est que Thanatos c’est la mort. La mort arrive toujours. C’est la vérité absolue, la plus certaine qu’on puisse connaitre. En outre, on est libre, pour ainsi dire, de se l’accorder. En tout cas, c’est la voie la plus sûre et la plus directe pour en finir avec la douleur et la souffrance. On appelle ça le suicide. Selon la psychanalyse, le suicide est même le seul acte réussi de tous ceux qu’on  entreprend dans la vie extérieure, pour la raison simple que par le suicide, on se sépare définitivement de la conscience douloureuse et de ses insatisfactions récurrentes (le soi). Par ailleurs, on considère, en Extrême-Orient, que la mort est un état supérieur à la vie. Alors, compte tenu du nombre de vivants sur cette planète, pourquoi le suicide est-il si rare ? C’est parce qu’habituellement, traditionnellement, on lui préfère Hypnos, le sommeil qui enfante les rêves. Ce faisant, il appert que la souffrance et la douleur refoulent, et interdisent le sommeil et c’est alors l’horrible insomnie qui s’ajoute à nos malheurs.

Que faire ? Il convient de savoir qu’il est possible de rêver sans dormir. Comme l’enseigne Freud, le rêve n’est pas l’inconscient, mais, « la voie royale vers l’inconscient ». Certes, dans le système inconscient, on peut se réfugier par erreur dans des illusions imaginaires ou symboliques qui ne sont pas vraiment des solutions et qui peuvent même conduire au pire. Mais ce peut-être aussi, c’est ce qu’il convient de faire, une réconciliation salvatrice avec le Réel du système inconscient (le R du RSI).  C’est « la porte sans porte » de la liberté et de tous les pouvoirs. C’est grâce à lui, le Réel, qu’on peut se libérer de toutes souffrances et de toutes douleurs et devenir capable, comme le promet Freud, « de jouir enfin de l’existence ».

C’est que dans le système inconscient (le RSI), tout n’est que langage. Cependant, les langages de l’Imaginaire et du Symbolique diffèrent du langage du Réel. Celui-ci a la puissance de décomposer, bouleverser, transmuter le sens et les images des langages du Symbolique et de l’Imaginaire. Il peut donner n’importe quel sens à n’importe quel mot. C’est le performatif absolu, la septième fonction du langage qui permet de se libérer de nos symptômes. C’est lui qui assure l’efficacité de ce qu’on appelle « la cure par la parole » que Freud, a mise au point. Ce qui n’a rien à voir avec la parole ordinaire comme le croient encore certains.

Nous avons longtemps cru que nous n’avions qu’un seul cerveau, celui qui se trouve dans notre boîte crânienne. Mais depuis peu, on considère que « le ventre » est un deuxième cerveau. Il contiendrait autant de neurones et d’axones que le premier. On l’appelle pudiquement « Le charme discret de l’intestin » (Acte Sud). Ce faisant, et pour en rajouter, la plupart des  psychanalystes, dont nous faisons partie, considèrent que le désir sexuel fait fonction d’un troisième cerveau, même s’il est immatériel et incontrôlable comme la parole du Réel. C’est « le cerveau freudien », c’est-à-dire « la libido ». C’est le cerveau réel, celui du RSI qui anime et programme les deux autres et l’ensemble éclectique de leurs expressions.

Toutes les langues du monde ainsi que l’Imaginaire et le Symbolique du système inconscient ont pour fonction essentielle de refouler, de dénier le Réel parce qu’il ne parle que de jouissance et d’orgasme. « L’éthique de la psychanalyse », enseigne Lacan, consiste à ne pas céder sur son désir. Et toutes les formes de désir ont pour moteur le désir sexuel. Dans le « Le Désir et son interprétation », Lacan fait même l’éloge du pervers, évidemment dans la dimension du Réel du système inconscient, c’est-à-dire « un pervers sans les symptômes « . En redonnant la parole au désir sexuel, en osant exprimer nos fantasmes érotiques les plus extravagants, les plus inconvenants, les plus « horribles », non seulement nous constatons que toutes nos douleurs et souffrances disparaissent mais, en outre, que l’on trouve à chaque fois les solutions durables à tous nos problèmes. N’ayez crainte, vous ne deviendrez pas un obsédé sexuel pour autant, au contraire même, rien ne pourra plus vous  soumettre à ce que vous ne voulez pas et plus rien de ce qui est sexuel ne vous dégoutera. Vous serez sorti de vos névroses, psychoses et perversions, et ne confondrez plus névrotiquement le sens des mots.

On sait que Victor Hugo, l’écrivain engagé, le travailleur infatigable, le monstre sacré de la poésie, chaque matin, avant de se mettre au travail, avait besoin de débiter toutes sortes de mots obscènes, de situations pornographiques et autres abominations sexuelles. C’était comme un besoin de se purifier avant de se mettre au travail. D’autres écrivains exploitent aussi cette méthode cathartique. Plus près de nous, l’acteur Romain Duris, qui est aussi peintre, expliquait qu’il avait, avant de commencer son travail, besoin de dessiner toutes sortes de dessins érotiques : « L’érotisme a quelque chose de captivant. Il m’insuffle une énergie permettant de passer ensuite à autre chose », explique-t-il dans une interview.

Tous les cas que nous présentons ici sont des histoires authentiques. Seuls les noms et certains lieux ont été modifiés. Certains  ont pris connaissance du texte, les concernant d’autres ont estimé que ce n’était pas nécessaire Quant à ceux qui, pour des raisons diverses, n’ont pas voulu témoigner, nous avons respecté leur avis sans discussion.

La méthode du « troisième cerveau » s’adresse principalement à ceux dont les douleurs physiques ou mentales les ont conduits à des situations limites où se joue, pour eux, essentiellement une question de vie ou de mort.

La méthode du « troisième cerveau » est plus rapide et efficace si l’on travaille avec un psychanalyste compétent. Ce qui n’est pas toujours facile à trouver, la mode étant à une psychanalyse sans sexe, voire même sans inconscient, au profit d’une morale sociale qui n’est que l’envers stupide de la psychanalyse où toute thérapie rate son but, y compris celui auquel elle prétend donner accès…

 

Noeud Cerveau antidouleur

 

 

Ecrit par Guy Massat


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